À l’association Entre&Avec, le projet de recherche-création « CARTE » propose une approche novatrice de l’apprentissage du français. En mêlant exploration urbaine, expression artistique et linguistique, des femmes aux parcours migratoires transforment leur regard sur la ville pour mieux s’y raconter.
Habiter une ville, c’est bien plus que s’y déplacer pour des nécessités administratives ou familiales. C’est la ressentir, la nommer et s’y sentir légitime. C’est tout l’enjeu du projet CARTE, une initiative de recherche-création participative qui utilise la cartographie sensible comme levier d’apprentissage du Français Langue Étrangère (FLE) et de l’alphabétisation
Dire « Je » dans l’espace urbain
Le projet s’adresse principalement à des femmes allophones ou en situation d’illettrisme ou d’analphabétisme, résidant dans les quartiers prioritaires de Montpellier (Croix d’Argent, Pas du Loup, Paul Valéry). Pour ces apprenantes, l’objectif dépasse la simple acquisition de vocabulaire. Il s’agit de passer d’une mobilité « subie » à une mobilité « choisie ».
« L’idée est d’encourager l’inscription subjective », expliquent les organisateurs. En apprenant à dire « je » dans la ville, les participantes valorisent leur regard singulier sur le territoire et renforcent leur pouvoir d’agir. Le projet fait ainsi dialoguer les mémoires des parcours migratoires avec la réalité de leur quartier actuel, créant un pont entre le passé et le présent.

Une démarche en quatre temps : de la dérive à la création
Co-animé par une équipe pluridisciplinaire (Aurore Berger-Quéron, Élise Alleaume, Clarissa Baumann et Yuri), le cycle d’ateliers se déploie sur un semestre selon une méthodologie précise :
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L’exploration (Le corps et les sens) : Lors de « dérives » urbaines, les groupes récoltent des traces : photos, sons, objets ou mots glanés au coin d’une rue. C’est ici que se travaille la compréhension orale, mobilisant les bruits du quartier autant que les sentiments intérieurs.
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La création (L’atelier) : De retour au local de l’association, les souvenirs de marche deviennent des cartes subjectives. Par le dessin, le collage et la dictée à l’adulte, les récits se fixent sur le papier.
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La structuration de la langue : La matière récoltée (mots, émotions) devient le support des cours de FLE. La grammaire et la syntaxe ne sont plus des concepts abstraits, mais des outils nécessaires pour raconter ce qui a été vécu.
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La systématisation : Un temps de recul essentiel pour prendre conscience du chemin parcouru. Observer ce qui a été dit ou fait permet de donner un sens profond à l’apprentissage.

Lever les barrières de l’insécurité linguistique
Le projet CARTE ne fait pas table rase du passé : il s’appuie sur les langues premières des participantes. Ce répertoire plurilingue est une richesse qui permet de lever les blocages liés à l’insécurité linguistique.
En s’autorisant à explorer des lieux connus différemment, les apprenantes sortent de leur zone de confort. Cette prise de risque mesurée dans l’espace public se traduit par une audace nouvelle dans la langue française : oser découvrir pour oser dire.
Une restitution au cœur de la cité
Le projet ne reste pas confiné entre les murs de l’atelier. La phase finale consiste à présenter les cartes et créations sonores lors d’expositions urbaines. Dans ce cadre, les participantes deviennent les médiatrices de leurs propres œuvres. Devant un public francophone, elles ne sont plus seulement « apprenantes », mais actrices et créatrices de la culture commune de leur ville.
Informations pratiques :
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Lieu : 5 rue des manguiers, Montpellier et itinérance dans les quartiers.
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Public : Femmes en parcours d’apprentissage FLE/Alpha (groupes de 8 à 20).
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Modalités : Inscription gratuite (adhésion annuelle requise).
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Documentation : Retrouvez l’intégralité des cycles (octobre 2025 à mars 2026) sur la story maps du projet
