Dans le cadre d’un projet collaboratif ambitieux au collège Simone Veil de Montpellier, l’initiative « CrossWor(l)ds: se parler pour se lier » voit le jour. Ce projet réunit deux publics que le parcours scolaire semble opposer : les élèves de la classe relais UPE2A-NSA (élèves allophones peu ou pas scolarisés antérieurement) et ceux de la 3ème F en Section Internationale anglo-américaine.
Coordonné par Lucile Soudier (enseignante FLS), ce projet mobilise une équipe pluridisciplinaire engagée : Clotilde Thompson et Johanna Thorarensen (enseignantes SI), Nathalie Benito (professeure documentaliste) et Karine Dos Santos (assistante pédagogique).
L’autrice Daisy Bolter les a également rejoint au cours de leur projet afin de permettre aux élèves de prendre conscience de leur potentiel créatif et de déclencher le travail de production en groupes.
Un projet né de la rencontre et de l’échange
L’idée de ce projet a germé suite à une journée consacrée à la migration, qui a profondément marqué les élèves de Section Internationale mais aussi leurs enseignantes. Cette expérience leur ont permis de découvrir la réalité du chemin parcouru par leurs camarades allophones.
L’objectif est triple :
- créer du lien social
- valoriser le plurilinguisme
- permettre à chaque élève de trouver sa place au sein du collège
En travaillant main dans la main, ces jeunes apprennent à se (re)connaître – pendant les séances dédiées mais aussi dans les couloirs ou la cour de récréation – brisant ainsi l’isolement des élèves allophones Non Scolarisés Antérieurement.
Des oeuvres diverses au service de l’unité
Le cœur du projet réside dans la création d’œuvres originales où les langues et les cultures s’entremêlent. Les élèves collaborent en petits groupes mixtes pour donner vie à des productions variées dont la nature était variée.
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Un arbre suspendu où chaque feuille porte un mot en plusieurs langues. Le public actionne une roue colorée pour tirer au sort une couleur et découvrir le message correspondant.
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Un théâtre d’images (Kamishibaï) racontant une guerre fictive entre l’Espagne et la France (faisant écho à la langue de certains élèves NSA). La paix y est scellée lorsque les personnages parviennent enfin à se comprendre mutuellement.
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Un poème célébrant les cultures (Guinée, France, Inde, Japon) et qui raconte l’identité d’un pays à travers la voix des élèves.
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Deux podcasts où les élèves échangent sur le sens du mot « culture »
- Deux productions plastiques collaboratives : deux planisphères sur lesquels les visiteurs (élèves et communauté éducative) vont pouvoir coller un bonjour dans une langue ou indiquer leur pays d’origine.
Les enseignantes notent que malgré des défis, comme la difficulté pour les élèves de 3ème à déléguer ou la timidité initiale des élèves NSA, la fierté finale l’emporte toujours. Ces derniers découvrent aussi que la création de projets artistiques et/ou collaboratifs est un “vrai” travail d’école et devient une étape clé pour leur inclusion.
La participation de Sirius
Sirius a la chance d’accompagner ce projet en apportant un soutien matériel indispensable à la création pour permettre la réalisation de ces œuvres (impression du kamishibai, pastels, feuilles de couleurs, ficelles, papier calque)
En plus de cet appui logistique, Sirius assure un rôle d’observation bienveillante lors des séances de création, valorisant ainsi les interactions entre les élèves et l’équipe pédagogique.
Un projet tourné vers l’avenir
Le travail de création se poursuivra dans les semaines à venir. Les productions seront mises en valeur lors de la Semaine des Langues mais aussi pour la célébration des 10 ans du collège Simone Veil et la Comédie du livre de Montpellier en mai 2026.
Ce projet prouve que, malgré les différences de parcours, l’art, les oeuvres littéraires et le partage linguistique sont des leviers puissants pour construire une culture scolaire commune et inclusive.
